Pourquoi randonner à Bora Bora
Bora Bora n'est pas une destination de randonnée au même titre que Moorea ou Tahiti. L'offre de sentiers est limitée, l'île principale est petite (environ 30 km² de superficie terrestre) et la plupart des visiteurs viennent pour le lagon. Pourtant, les quelques randonnées accessibles offrent des panoramas exceptionnels sur le lagon et les motu, avec une perspective que l'on n'obtient d'aucun autre point de vue. L'ascension du mont Pahia, en particulier, est l'une des randonnées les plus spectaculaires de Polynésie française pour ceux qui ont le niveau technique requis.
L'île est dominée par deux sommets volcaniques : le mont Otemanu (727 mètres), dont la paroi rocheuse verticale le rend inaccessible aux randonneurs, et le mont Pahia (658 mètres), qui est techniquement grimpable mais exige un guide et une bonne condition physique. En complément, quelques sentiers courts permettent de découvrir les vestiges militaires américains de la Seconde Guerre mondiale, dans une végétation tropicale dense.
Les meilleurs itinéraires de randonnée
L'ascension du mont Pahia (658 m) : c'est la randonnée phare de Bora Bora. Le sentier part de la côte ouest, au-dessus du village de Vaitape, et monte à travers une forêt de mape (châtaignier tahitien), de purau et de fougères arborescentes. Les deux premiers tiers du parcours suivent une crête de plus en plus étroite, avec des points de vue qui s'ouvrent progressivement sur le lagon. Le dernier tiers est la partie technique : la pente dépasse les 60 degrés par endroits, avec des passages sur roche volcanique nue où il faut utiliser les mains et parfois des cordes fixes installées par les guides. Le sommet offre un panorama à 360 degrés : le lagon de Bora Bora en contrebas, les motu, la passe de Teavanui, et par temps clair, Tahaa, Raiatea et même Maupiti à l'horizon. La durée est de 3 à 4 heures pour la montée et 2 à 3 heures pour la descente, soit 5 à 7 heures aller-retour. Le dénivelé est d'environ 630 mètres.
Le sentier des canons américains : pendant la Seconde Guerre mondiale, les Américains ont installé une base militaire à Bora Bora (opération Bobcat, 1942). Plusieurs canons côtiers de 7 pouces (178 mm) sont encore en place sur les hauteurs de l'île, rouillés mais reconnaissables. Le sentier le plus accessible part de la route de ceinture, côté est, et monte en 20 à 30 minutes à travers la végétation jusqu'à une plateforme de tir avec vue sur le lagon et la passe. Le chemin est court, peu technique, et ne nécessite pas de guide. Un deuxième site de canons se trouve au-dessus de Faanui, accessible par un sentier similaire. Ces deux promenades conviennent aux familles et aux personnes de condition physique moyenne.
Le tour de l'île à pied (route de ceinture) : bien que ce ne soit pas une randonnée à proprement parler, la route de ceinture de Bora Bora (environ 32 kilomètres) peut se parcourir à pied ou à vélo. Le parcours est plat, asphalté et longe la côte avec des vues constantes sur le lagon et les motu. Il faut compter 6 à 8 heures de marche pour le tour complet, avec des arrêts. L'intérêt est de traverser les villages (Vaitape, Faanui, Anau), de voir les marae anciens (sites cérémoniels polynésiens) et de passer devant les petites églises peintes. Attention à la chaleur : partez tôt le matin et emportez beaucoup d'eau.
La crête vers le mont Otemanu (accès partiel) : un sentier permet de monter sur la crête qui relie le Pahia à l'Otemanu, jusqu'à un col situé à environ 500 mètres d'altitude. Le sommet de l'Otemanu lui-même n'est pas accessible (paroi verticale de basalte), mais le col offre une vue rapprochée sur la face nord de l'Otemanu et sur le lagon nord. Ce sentier est une extension de la montée du Pahia, réservée aux randonneurs aguerris accompagnés d'un guide.
Prestataires et guides
L'ascension du mont Pahia nécessite obligatoirement un guide local. Les sentiers ne sont pas balisés, la végétation repousse rapidement et certains passages techniques requièrent des cordes que seuls les guides installent et entretiennent. Partir sans guide expose à un risque réel de se perdre ou de se blesser.
Deux à trois guides indépendants proposent l'ascension du Pahia à Bora Bora. Ils sont en général joignables par téléphone ou via les pensions de famille, qui servent d'intermédiaires. Les resorts peuvent aussi organiser la sortie sur demande, avec un supplément. Les groupes sont petits, rarement plus de 4 à 6 personnes.
Pour le sentier des canons, aucun guide n'est nécessaire. Le chemin est court et les canons sont visibles depuis le sentier. Certains tours de l'île en 4x4 incluent un arrêt aux canons dans leur programme, combiné avec d'autres points d'intérêt historiques et des points de vue.
Les tours en 4x4 (véhicule tout-terrain découvert) sont une alternative pour ceux qui veulent prendre de la hauteur sans marcher. Ils durent 3 à 4 heures, montent sur des pistes au-dessus de la route de ceinture et s'arrêtent à des belvédères avec vue sur le lagon. Comptez 6 000 à 8 000 XPF (50 à 67 euros) par personne.
Tarifs indicatifs
- Ascension guidée du mont Pahia : 8 000 à 12 000 XPF (67 à 100 euros) par personne, selon le guide et la taille du groupe. Le prix inclut l'accompagnement, les cordes sur les passages techniques et parfois un en-cas ou de l'eau. Durée totale : 5 à 7 heures.
- Sentier des canons américains : gratuit en autonomie. Si inclus dans un tour 4x4, voir ci-dessous.
- Tour de l'île en 4x4 : 6 000 à 8 000 XPF (50 à 67 euros) par personne, demi-journée, avec arrêts aux points de vue et aux canons.
- Location de vélo pour le tour de l'île : 2 000 à 3 000 XPF (17 à 25 euros) la journée pour un vélo classique, 4 000 à 6 000 XPF (34 à 50 euros) pour un vélo électrique.
Réservez l'ascension du Pahia au moins 2 à 3 jours à l'avance, surtout en haute saison (juillet-août). Les guides ont des places limitées et la sortie dépend de la météo.
Meilleure saison pour randonner
Le climat de Bora Bora est chaud et humide toute l'année, ce qui rend la randonnée physiquement exigeante quelle que soit la saison. La chaleur et l'humidité sont les facteurs limitants, plus que la pluie.
- Mai à septembre : la saison la plus favorable. Les températures sont légèrement plus fraîches (25-30 degrés), l'humidité est moindre et les averses sont rares. Le sentier du Pahia est plus sec, donc moins glissant. La visibilité depuis le sommet est souvent dégagée, avec des vues sur les îles voisines. C'est la période recommandée pour l'ascension.
- Octobre et novembre : fin de saison sèche, conditions encore correctes mais les premières pluies rendent les passages techniques plus glissants. La terre rouge volcanique devient très glissante quand elle est mouillée.
- Décembre à avril : saison des pluies. L'ascension du Pahia est faisable mais déconseillée : le sentier est boueux, les rochers sont glissants, la visibilité au sommet est souvent bouchée par les nuages et la chaleur rend l'effort pénible. Les guides annulent fréquemment en cas de pluie matinale. Les sentiers courts (canons) restent praticables.
Pour le tour de l'île à pied ou à vélo, partez avant 7h du matin pour éviter la chaleur de la mi-journée, quelle que soit la saison.
Niveau requis et matériel
Pour le mont Pahia : il faut une bonne condition physique générale, ne pas avoir le vertige et être à l'aise avec l'utilisation des mains sur des passages rocheux. Ce n'est pas de l'escalade technique, mais la pente raide et l'exposition sur la crête demandent de l'assurance. Les enfants de moins de 12 ans et les personnes sujettes au vertige ne devraient pas tenter cette ascension. Prévoyez des chaussures de randonnée fermées avec une semelle adhérente (pas de sandales, pas de baskets lisses), un litre d'eau par personne minimum (deux litres recommandés), un coupe-vent léger pour le sommet, de la crème solaire et un chapeau. Les bâtons de marche sont inutiles sur la partie technique (il faut les mains libres) mais utiles sur le premier tiers.
Pour les canons et le tour de l'île : des chaussures fermées confortables suffisent. Emportez de l'eau, de la crème solaire et un anti-moustique (les moustiques sont présents dans la végétation basse, surtout en fin de journée).
Sécurité et conseils
Le risque principal sur le mont Pahia est la chute, surtout à la descente quand la fatigue s'accumule et que les appuis sont moins sûrs. Écoutez votre guide, ne vous écartez pas du sentier et prenez votre temps sur les passages exposés. En cas de pluie soudaine, la roche volcanique devient extrêmement glissante : le guide peut décider de faire demi-tour, ne contestez pas cette décision.
La déshydratation et le coup de chaleur sont des risques réels. La montée se fait en grande partie sous couvert forestier, mais les dernières centaines de mètres sont exposées au soleil. Buvez régulièrement, par petites gorgées, sans attendre d'avoir soif.
Les guêpes sont présentes en altitude sur Bora Bora. Si vous êtes allergique aux piqûres d'hyménoptères, emportez votre kit d'adrénaline et informez votre guide.
Il n'y a pas de réseau téléphonique fiable au sommet du Pahia. En cas de problème, le guide dispose en général d'un téléphone satellite ou d'une radio VHF.
Pour le tour de l'île à pied, attention à la circulation sur la route de ceinture : il n'y a pas de trottoir sur la majorité du parcours. Marchez face aux véhicules et portez des vêtements visibles. Les camions de livraison roulent vite dans les lignes droites.
